Les membres de l'expédition répondent aux questions des élèves
Nous aimerions vous poser quelques questions, d'abord au sujet des escalades:
- Pourquoi l'ascension des quatre derniers mètres a été aussi longue ?
Parce que durant l’ascension, chaque grimpeur avait un travail à accomplir, parfois à des hauteurs différentes dans le mur, cela a donc pris du temps pour qu’à la fin ils se rassemblent tous afin de finir le sommet ensemble.
- Qu'est-ce qu'un portaledge ? A quoi sert-il ?
C’est une sorte de tente que l’on peut accrocher à la paroi. Constitué par un lit de toile fermé, il tient au rocher par seulement un point de suspension. Les alpinistes peuvent y dormir ou se protéger des tempêtes, il peut être monoplace ou biplace.
- Quels sont vos accessoires de protection ? Quelle partie du corps protègent -ils ?
Les grimpeurs n’ont qu’un véritable accessoire de protection, c’est un casque pour la tête.
- Nous n'avons pas compris les mots: une kata, des spits, le skidoo. Pourriez-vous nous les expliquer ?
La kata est une écharpe népalaise ou tibétaine, bénie par des moines bouddhistes d’un monastère. Cette écharpe est sensée souhaiter une bonne route au voyageur auquel elle est donnée. Il doit ensuite la laisser à un endroit où le vent souffle pour que les vœux se dispersent et que tout le monde en profite. C’est pourquoi Alain en a laissé une au sommet d’Holtanna.
Un spit est une grosse vis avec un boulon et une attache pour une corde. Dans la paroi, tous les 50 m ou dans les endroits dangereux, les alpinistes s’en servent pour faire une assurance très forte qui ne se décrochera pas. Il font un trou dans la roche avec un tamponnoir, puis entrent la vis qu’ils bloquent avec le boulon. C’est très solide, dans leur progression ils peuvent accrocher une corde à ce point d’attache qui tiendra parfaitement.
Le skidoo est une moto avec des skis, il est utilisé pour se déplacer sur la neige. C’est très pratique, il permet de transporter rapidement de lourdes charges parfois sur d’assez longues distances. Par grand froid, c’est parfois un peu long pour le démarrer le matin. A la station Blue One il a deux skiddoo.
Je veux aussi expliquer ce qu’est un cairn. Ce sont des pierres que l’on pose les unes sur les autres pour faire petit monument, afin de montrer que l’on est passé par là, que ce soit au sommet d’une montagne ou sur un chemin peu utilisé.
Des questions relatives à vos autres activités:
- Quel travail la Nasa vous a-t-elle confié ?
La Nasa nous a confié la mission de chercher de nouvelles espèces de lichens, mais surtout d’installer des thermomètres électroniques qui mesureront toute l’année la température de la roche sur laquelle ils poussent. Ces informations intéressent la Nasa car durant la période la plus chaude de l’année sur la planète Mars, les conditions climatiques ressemblent parfois à l’hiver Antarctique. Les scientifiques essaient donc de comprendre grâce aux lichens comment la vie aurait pu exister sur Mars.
La technique de communication par radio et satellite des stations météorologiques automatiques que nous avons installées, servira aussi peut être un jour dans un programme météo sur Mars.
- Pourquoi creusez-vous des puits ? Que cherchez-vous ? Quelle sera leur profondeur ?
Nous avons creusé des puits, de 1,5 à 2 m de profondeur, pour réaliser des études glaciologiques. La neige s’accumule depuis des années, dans un puits nous pouvons donc retrouver des couches qui sont vieilles de parfois plus de dix ans et les étudier, savoir comment elles ont évolué, quelle est leur température, leur densité. Durant l’expédition nous avons fait ces travaux pour que ensuite des scientifiques puissent connaître les caractéristiques de la neige uniquement en prenant des photos satellites.
- Pourquoi photographiez-vous les grains de neige ?
Dans le cadre de l’étude glaciologique, nous prenons des photographies pour connaître la taille et la forme des grains de neige à diverses profondeurs dans le puits, c’est une méthode qui permet ensuite de ramener ces informations aux scientifiques dans les laboratoires.
- Comment savez-vous qu' il pourrait y avoir des météorites à l'endroit remarqué depuis le sommet ? Est-ce que vous avez vu un cratère ? ou un caillou ?
Les régions où nous avons le plus de chance de trouver des météorites sont les champs de glace bleue, car dans ces zones la glace remonte depuis le fond de la calotte polaire et ramène avec elle toutes les météorites tombées dans la neige depuis des dizaines de milliers d’années. C’est une intéressante zone de glace bleue que les grimpeurs ont vue depuis le sommet, hélas trop loin pour y aller rapidement à ski.
- Si vous trouvez une météorite, pourriez-vous envoyer une photo ?
Oui bien sur, mais malheureusement nous n’en avons pas trouvé.
Nous vous souhaitons à tous une bonne et heureuse année! Avec nos meilleures salutations,
Jonathan, Ludovic, Lisa, Jean, Julien, Raphael, Emina, Marc et Elodie
Bonjour Messieurs on voudrait vous posez des questions :
- Que faites-vous pendant les temps libres ?
Nous dormons, nous lisons, nous écrivons, nous nous réunissons pour parler et rigoler, et nous faisons de bon repas.
- Comment avez-vous le courage de dormir dans des sacs de couchage en hauteur ? Avez-vous peur de dormir dans la paroi?
C’est comme dans la vie, au début on ne connaît pas, on n’est pas rassuré, on a un peu peur de tomber, puis on s’habitue au vide, on se rend compte que le montage dans le lequel on dort est solide, on prend de l’assurance et tout va mieux.
- Comment faites-vous pour ne pas tomber quand vous dormez ?
Les grimpeurs dorment dans leur sac de couchage en étant accrochés à la paroi avec leur harnais par une corde. Ils ne peuvent donc pas tomber.
- Comment avez-vous pu poser l'avion sur la glace ?
Les pilotes de l’Iliouchine sont très talentueux, pour eux se poser sur la glace bleue c’est presque comme atterrir sur une piste normale en goudron ou en béton.

Ice shelf
Photo reproduite avec l'accord du
- Comment accrochez-vous les pitons sur la paroi quand vous escaladez ?
L’alpiniste trouve une fissure, dans celle ci il repère l’endroit où elle se resserre et y enfonce alors le piton avec un marteau. Il peut ensuite y accrocher une corde grâce à un mousqueton
- Vos familles vous manquent-elles ?
Oui, bien entendu, après deux mois il nous tarde de retrouver nos familles, nous souhaitons tous que le retour soit à la hauteur de nos espérances.
- Communiquez-vous avec vos enfants ?
Pour ma part je n’en ai pas, mais les membres de l’équipe qui ont des enfants communiquent régulièrement avec eux par e-mail.
-Combien de fois par semaine changez-vous d'habits ?
En fait nous ne lavons pas nos vêtements, nous en avons donc plusieurs de rechange que nous remettons régulièrement sans qu’ils soient vraiment propres. En Antarctique le temps est froid et souvent sec, nous ne transpirons pas comme ailleurs et nous salissons moins nos vêtements. Cependant, la première chose que nous allons faire en arrivant en Afrique du Sud sera de se doucher !
Les deux classes de CM2 de Surgères vous félicitent d'avoir réussi à atteindre le sommet de l'Holtanna. Merci pour les photos et les renseignements que vous nous avez envoyés. Vous avez du courage d'aller affronter ces froids terribles. Maintenant nous allons vous poser des questions.
- Que veut dire "spits" ?
Un spit est une grosse vis avec un boulon et une attache pour une corde. Dans la paroi, tous les 50 m ou dans les endroits dangereux, les alpinistes s’en servent pour faire une assurance très forte qui ne se décrochera pas. Il font un trou dans la roche avec un tamponnoir, puis entrent la vis qu’ils bloquent avec le boulon. C’est très solide, dans leur progression ils peuvent accrocher une corde à ce point d’attache qui tiendra parfaitement.
- Que veut dire "kata" ?
La kata est une écharpe népalaise ou tibétaine, bénie par des moines bouddhistes d’un monastère. Cette écharpe est sensée souhaiter une bonne route au voyageur auquel elle est donnée. Il doit ensuite la laisser à un endroit où le vent souffle pour que les vœux se dispersent et que tout le monde en profite.
- Pourquoi creusez-vous des puits sur un plateau ?
Nous avons creusé des puits, de 1,5 à 2 m de profondeur, pour réaliser des études glaciologiques. La neige s’accumule depuis des années, dans un puits nous pouvons donc retrouver des couches qui sont vieilles de parfois plus de dix ans et les étudier, savoir comment elles ont évolué, quelle est leur température, leur densité. Durant l’expédition nous avons fait ces travaux pour que ensuite des scientifiques puissent connaître les caractéristiques de la neige uniquement en prenant des photos satellites
- Avez-vous escaladé d'autres sommets ? Lesquels?
Après Holtanna, André et Alain ont fait toutes les montagnes qui nous entourent, soit une dizaine, presque toutes jamais escaladées auparavant.
- Quand revenez-vous en Afrique du Sud ? Ou retournez-vous directement dans votre pays ?
Nous devons quitter Blue One avec l’Iliouchine vers le 9 février (mais on ne peut jamais être sûr de la date en Antarctique, l’arrivée de l’avion dépend trop de la météo), il nous amènera en Afrique du Sud. Nous prendrons alors un avion d’une ligne régulière pour Bruxelles où nous allons arriver le 13 février.
-Y a-t-il des alpinistes ou des scientifiques qui sont déjà partis ?
Nous étions dix, deux alpinistes (Daniel et Ralf) et le caméraman (Jorgé) sont partis début janvier, l’ingénieur (Ronald) est actuellement à Blue One, Alain et le photographe (René) sont maintenant sur la route pour prendre le bateau Allemand Polarstern. Nous ne sommes donc plus que quatre au camp de base : Katelijne, Fabrizio, André et moi même.

Des séracs, vus d'avion
Photo reproduite avec l'accord du
- Avez-vous fait ça pour être célèbre ou pour le plaisir ?
Nous avons tout d’abord fait cela par passion pour l’Antarctique et son environnement extraordinaire.
- Avez-vous rencontré des animaux très étranges ?
Non, mais nous avons rencontrés les fabuleux Pétrels des neiges et les impressionnants Skuas.
- Quelqu’un a-t-il glissé pendant l’ascension ?
Non, heureusement.
- Aviez-vous fait d’autres expéditions avant celle-ci pour vous entraîner ?
En fait les alpinistes sont guides et ils font des expéditions autour du monde tout au long de l’année, ils avaient donc tout l’entraînement nécessaire.
- La paroi Sud de l’Holtanna était elle aussi verticale que la paroi Nord ?
Oui la paroi sud était plus verticale que la paroi nord, elle était même parfois en surplomb.