Ma vie pendant la guerre au Kosovo
En 1998, pendant la guerre du Kosovo, j'habitais avec mes trois frères, ma mère et ma grand-mère dans un petit village au pied des montagnes. Mon père était déjà depuis une dizaine d'années en Suisse.
Mes deux grands frères allaient à l'école le matin, de huit heures jusqu'à midi. Moi et mon frère jumeau, on y allait l'après-midi, de 13 heures à 16 heures.
Un jour, à la récréation, on a vu cinq chars remplis de militaires serbes qui traversaient notre village pour se rendre dans un endroit appelé "Forêt noire". Le prof nous a dit de rentrer chez nous. Les chars se sont arrêtés à la sortie de notre village et ils ont commencé à tirer sur les Forces de Libération du Kosovo (UCK). Ca a duré jusqu'à 15 heures. Il y a eu des tirs des deux côtés et à quatre heures, une ambulance serbe est venue chercher leurs blessés. Pour se venger, ils sont rentrés dans des maisons et ont arrêté des civils, puis les ont emmenés avec eux pour les mettre en prison.
Deux mois plus tard, les Serbes sont revenus attaquer notre village parce qu'ils savaient qu'il y avait une caserne de l'UCK. Cette fois, il étaient beaucoup plus nombreux. Avec toute la population, nous avons dû quitter nos maisons et nous sommes allés nous réfugier à Prizren, ville située à 15 kilomètres. On y est resté deux semaines, dans la famille de mon père, puis on est retournés dans notre village. Malheureusement, notre maison était en feu. On a essayé de l'éteindre, mais on n'a pas réussi. On est resté quelques jours parce que la situation était plus calme.
Quelques jours plus tard, les Serbes ont recommencé à rançonner des familles albanaises et si elles ne leur donnaient pas d'argent, ils prenaient quelqu'un en otage. Tous les jours, il y avait des tirs de kalachnikov. Un soir, les militaires ont tué un homme de notre village, devant sa famille.
Trois mois plus tard, tous les habitants ont quitté le village. Avec toute ma famille, on est partis nous réfugier en Albanie. Après quelques mois, mon père est revenu nous chercher pour nous emmener en Suisse.
Armend L.
Si vous voulez voir le drapeau et la carte de mon pays brodés et noués par ma mère...